enthousiasme national et alcool

Les succès récents de nos armes en Afrique du Sud sont susceptibles, comme le montrent les archives des tribunaux de police, de s’exprimer par une consommation accrue de liqueurs ardentes. Une telle manière de montrer l’enthousiasme patriotique peut être gratifiante au Chancelier de l’Échiquier, mais nous pouvons être permis de douter si cette considération d’esprit-public est entrée en grande partie dans les esprits des milliers qui se sont saoulés en l’honneur du soulagement de Mafeking et du capture de Pretoria suivre ce site. Si ces événements ont causé une telle abondance de libations de bière et de whisky, il est facile de prédire ce qui se passera quand le triomphe final arrivera. En ce qui concerne la population générale, on peut sans doute faire confiance au bon sens fondamental du public britannique pour éviter la colère d’une pandémie d’alcoolisme aigu. Mais il y a une classe de la communauté qui, il est à craindre, sera exposée à un risque très sérieux. Déjà les plaintes ont trouvé que les marins du Puissant avaient trop bu, bien que, à notre connaissance, rien n’indique qu’ils aient été sensiblement plus mauvais. Il est à craindre que lorsque le reste de nos héros conquérants rentrent à la maison, des tentations presque irrésistibles à boire les rencontreront de tous les côtés. Il peut sembler puritain de chercher à réprimer une manifestation de sentiments très naturelle, et aussi celle qui est consacrée par la coutume nationale. Cependant, les patriotes éclairés, aussi bien que les moralistes et les hygiénistes, conviendront que la coutume est plus honorée dans la violation que dans l’observance. De toutes les manières possibles de montrer notre admiration pour le courage et le dévouement des hommes qui ont combattu les batailles de leur pays, sûrement le pire est de les empoisonner et de les brutaliser en les buvant. (BMJ 1900; i: 1604.)